juillet/août - 2004

 
 

Le site officiel du 60e Anniversaire
www.normandie
memoire.com
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Le Jour J dans
la presse internationale

L'hebdomadaire Courrier international (numéro 709, semaine du 3 au 9 juin) présentait un pano-rama de la presse inter-nationale annonçant le débarquement de Nor-mandie. En Allemagne, le Volkischer Beobachter (organe nazi) annonçait : "Sur ordre de Moscou, l'invasion a commen-cée !". En Russie, la Pravda ne parlait du Débarquement de Nor-mandie qu'en page 3 et 4; dans la presse anglo-saxonne, ce sont les correspondants de guerre qui racontèrent le Jour J de l'intérieur.



C'est un bulletin clandes-tin de la résistance polo-naise, qui annonçait avec le plus grand espoir l'invasion de Normandie, cet espoir était à la me-sure de ce qu'endurait le peuple polonais depuis septembre 1939; un espoir qui fut tragique-ment déçu.

   

English version
Un soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de l'enfer d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs de la Big Red One

John F. Mickey était américain, il avait 35 ans en 1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea en septembre 1943, pensant qu'il pouvait être "utile" dans cette guerre. Au moment de son engagement il n'imaginait pas ce qui l'attendait : la séparation de ceux qu'on aime, l'horreur de la guerre, et même la faim et la soif. Tout au long des combats il prit des notes, et bien des années plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine de feuillets. John F. Mickey est décédé en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses mé-moires qui sont retranscrites ici. C'est l'expé-rience d'un homme "ordinaire" qui croyait en certaines valeurs humaines, et qui les défendit, des plages de Normandie jusqu'à la forêt de Hurtgen, en Allemagne, où il fut blessé.
(Mémoires de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan)

Episode 7 : La France
"
A un moment, sans le réaliser immédiatement, je vis la moitié d’un corps, flottant dans l’eau..." Par John F. Mickey

Le Jour J
La nuit du 4 au 5 juin 1944 nous étions couchés tout habillés, comme on en avait reçu la consigne, paquetage prêt. Je ne sais plus quelle heure il était mais un bruit puissant, au-dessus de nos têtes, nous réveilla. On se précipita dehors, il faisait une nuit noire et on entendait, sans les voir, les avions qui passaient dans le ciel. Les vibrations étaient si fortes qu’on les ressentaient jusque dans nos os. L’appel du rassemblement retentit, nous savions que cette fois ce n’était pas un exercice. On grimpa dans les camions, qui nous emmenèrent au port. Il y avait deux fourgons de la croix rouge et des jeunes femmes nous accueillirent, elles distribuaient des beignets et du café chaud. Le type devant moi demanda : « combien on peut en prendre ? », une jeune femme répondit : « prenez-en autant que vous voulez ! », et à voix basse elle lui conseilla d’éviter d’en manger.

Je me souvins des traversées sur le lac Michigan, et jamais je ne prenais de beignets ! Je demandais du café et un peu de sucre. Sur le bateau on choisit une couchette. Il régnait un calme inhabituel, pas de plaisanteries ni de conversations animées. On ne savait pas quand on allait lever l’ancre, on ne nous donnait aucune information car personne ne savait rien.

Omaha beach, au milieu de l'enfer...

Je m’étendis sur ma couchette et fermais les yeux, mes pensées allaient vers Harriet, et un vrai lit. Au lever du jour, j’entendis des copains dire qu’ils n’avaient pas fermé l’œil. On passa encore une journée entière à bord, le bateau était encore à quai au soir du 5 juin. On nous avait donné un sac de papier doublé, on devinait à quoi il servait pas besoin de nous le dire. Le bateau prit enfin la mer dans la nuit, cette fois on comprit où on allait. A l’aube, on découvrit la mer recouverte de navires de toutes sortes. Il y en avait un, énorme, marqué d’une croix blanche. La mer était déchaînée, les hommes vomissaient; certains n’avaient pas le temps de prendre leur sac. Le chemin pour monter dans les barges était un peu glissant, c’était à rendre malade mais j’ai évité de vomir. On étaient quarante ou soixante, debout, dans la péniche qui filait vers la plage. C’était l’enfer; des milliers de canons tiraient des navires sur la côte, et de la côte sur nous. Le ciel était rempli de bombardiers qui lâchaient leurs projectiles ; on voyait des bateaux, touchés par un obus, couler en quelques minutes. L’un, à moitié submergé, avait un drapeau et des marquages polonais. Le nôtre n’a pas été touché, mais dès qu’on atteignit la plage on se heurta à des obstacles d’acier en forme de croix, il fallait les franchir et on espérait qu’ils n’étaient pas minés. On débarqua sur la plage, à moitié en nageant, en tenant nos armes au sec au-dessus de nos têtes. Certains, de plus petite taille, avaient de l’eau jusqu’à la poitrine, ils avaient besoin d’aide. A un moment, sans le réaliser immédiatement, je vis la moitié d’un corps, flottant dans l’eau, mais pour la grâce de Dieu, moi, j’étais encore entier. A ma droite, il y avait des fusils et des équipements entassés. On était cloué par le feu de l’ennemi.

 
     
 


www.35thinfdiv.com

La 35e division d'infanterie américaine en Normandie
La 35e division d'infanterie américaine débar-qua à Omaha beach le 5 juillet 1944, sous le ocmmandement du général Baade. Elle fut intégrée au XIXe Corps d'armée du général Corlett. Elle participa à l'attaque sur saint-Lô le 11 juillet. En huit jours de combats la division subira près de 25 000 pertes, face aux Allemands retranchés dans le bocage normand. Le 134e régiment d'infanterie se distingua en prenant d'assaut la cote 122 qui surplombait la ville. Saint-Lô fut prise le 19 juillet. La division fut surnommée "Santa Fe" lors de la première Guerre mondiale, du nom de la route ouverte par les pionniers; dont les soldats de cette division étaient les des-cendants. L'emblème de la division - une croix entourée d'un cercle - était utilisée le long de la ligne de chemin de fer de Santa Fé pour la signalisation..
 


L'album du 60e anniversaire
"Paroles du Jour-J" est divisé en trois parties : de la défaite à juin 1944, le Débarquement, l'été 1944.
La mise en page mêle documents d'archives et photos personnelles, reproduc-tions d'objets d'époque, fac-similés de lettres et de dessins.



Chaque page restitue l'atmos-phère d'un moment, d'une tragédie, d'un fait-divers; les destinées de jeunes soldats, de Normands, d'hommes et de femmes qui luttèrent pour la liberté ou simplement pour survivre.
Editions Les Arènes - 160 pages - format 24 x 35 cm
Prix : 29.90 euros -


Le Débarquement : enjeux de mémoire
Le 10 juin dernier s ‘est tenue à Paris, à l’auditorium du musée de l’Armée, une confé-rence organisée par la revue l’Histoire sur le thème : le Débarquement : enjeux de mémoire. Le débat était animé par trois intervenants : le géné-ral Robert Bresse, directeur du musée de l’Armée, Emmanuel Laurentin, journaliste à France Culture, et Olivier Pottier, historien/enseignant.

Ils se sont successivement interrogés sur la relation étroite entre la mémoire et le politi-que, où le second est parfois tenté d’instrumentaliser la première, la transmission de la mémoire, en particulier aux jeunes générations, et avec quelle pédagogie ? la place du Débarquement parmi les événements fondateurs des républiques francaise et améri-caine, le déplacement du centre de gravité des recher-ches des historiens, avec en parallèle l’expression « nou-velle » des victimes des bom-bardements alliés. Comme le rappelait Olivier Pottier, la mémoire - objet d’histoire - n’est pas Une; mémoire natio-nale, collective ou indivi-duelle.
www.invalides.org


Les secrets de la Libération
Dans son dernier numéro, le magazine Marianne consacre un dossier à la Libération; aux libérations, plutôt, puisque entre les premiers villages normands libérés dès le 6 juin 1944 et La Rochelle, libérée le 8 mai 1945, les stratégies ne furent pas identiques.
En vente en kiosque - 4 euros