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| Un
soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de l'enfer
d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs de la Big
Red One |
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John
F. Mickey était américain, il avait 35 ans en
1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea en septembre
1943, pensant qu'il pouvait être "utile" dans
cette guerre. Au moment de son engagement il n'imaginait pas
ce qui l'attendait : la séparation de ceux qu'on aime,
l'horreur de la guerre, et même la faim et la soif.
Tout au long des combats il prit des notes, et bien des années
plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine de
feuillets. John F. Mickey est décédé
en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses mé-moires
qui sont retranscrites ici. C'est l'expé-rience d'un
homme "ordinaire" qui croyait en certaines valeurs
humaines, et qui les défendit, des plages de Normandie
jusqu'à la forêt de Hurtgen, en Allemagne, où
il fut blessé.
(Mémoires
de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan) |
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Episode
7 : La France
"A
un moment, sans le réaliser immédiatement, je
vis la moitié d’un corps, flottant dans l’eau..."
Par John F. Mickey |
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Le
Jour J
La nuit du 4 au 5 juin 1944 nous étions couchés
tout habillés, comme on en avait reçu la consigne,
paquetage prêt. Je ne sais plus quelle heure il était
mais un bruit puissant, au-dessus de nos têtes, nous
réveilla. On se précipita dehors, il faisait
une nuit noire et on entendait, sans les voir, les avions
qui passaient dans le ciel. Les vibrations étaient
si fortes qu’on les ressentaient jusque dans nos os.
L’appel du rassemblement retentit, nous savions que
cette fois ce n’était pas un exercice. On grimpa
dans les camions, qui nous emmenèrent au port. Il y
avait deux fourgons de la croix rouge et des jeunes femmes
nous accueillirent, elles distribuaient des beignets et du
café chaud. Le type devant moi demanda : « combien
on peut en prendre ? », une jeune femme répondit
: « prenez-en autant que vous voulez ! », et à
voix basse elle lui conseilla d’éviter d’en
manger. |
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Je
me souvins des traversées sur le lac Michigan, et jamais
je ne prenais de beignets ! Je demandais du café et
un peu de sucre. Sur le bateau on choisit une couchette. Il
régnait un calme inhabituel, pas de plaisanteries ni
de conversations animées. On ne savait pas quand on
allait lever l’ancre, on ne nous donnait aucune information
car personne ne savait rien. |
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| Omaha
beach, au milieu de l'enfer...
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Je m’étendis sur ma couchette et fermais les
yeux, mes pensées allaient vers Harriet, et un vrai
lit. Au lever du jour, j’entendis des copains dire qu’ils
n’avaient pas fermé l’œil. On passa
encore une journée entière à bord, le
bateau était encore à quai au soir du 5 juin.
On nous avait donné un sac de papier doublé,
on devinait à quoi il servait pas besoin de nous le
dire. Le bateau prit enfin la mer dans la nuit, cette fois
on comprit où on allait. A l’aube, on découvrit
la mer recouverte de navires de toutes sortes. Il y en avait
un, énorme, marqué d’une croix blanche.
La mer était déchaînée, les hommes
vomissaient; certains n’avaient pas le temps de prendre
leur sac. Le chemin pour monter dans les barges était
un peu glissant, c’était à rendre malade
mais j’ai évité de vomir. On étaient
quarante ou soixante, debout, dans la péniche qui filait
vers la plage. C’était l’enfer; des milliers
de canons tiraient des navires sur la côte, et de la
côte sur nous. Le ciel était rempli de bombardiers
qui lâchaient leurs projectiles ; on voyait des bateaux,
touchés par un obus, couler en quelques minutes. L’un,
à moitié submergé, avait un drapeau et
des marquages polonais.
Le nôtre n’a pas été touché,
mais dès qu’on atteignit la plage on se heurta
à des obstacles d’acier en forme de croix, il
fallait les franchir et on espérait qu’ils n’étaient
pas minés. On débarqua sur la plage, à
moitié en nageant, en tenant nos armes au sec au-dessus
de nos têtes. Certains, de plus petite taille, avaient
de l’eau jusqu’à la poitrine, ils avaient
besoin d’aide. A un moment, sans le réaliser
immédiatement, je vis la moitié d’un corps,
flottant dans l’eau, mais pour la grâce de Dieu,
moi, j’étais encore entier. A ma droite, il y
avait des fusils et des équipements entassés.
On était cloué par le feu de l’ennemi.
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www.35thinfdiv.com
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La
35e division d'infanterie américaine en Normandie
La
35e division d'infanterie américaine débar-qua
à Omaha beach le 5 juillet 1944, sous le ocmmandement
du général Baade. Elle fut intégrée
au XIXe Corps d'armée du général Corlett.
Elle participa à l'attaque sur saint-Lô le 11
juillet. En huit jours de combats la division subira près
de 25 000 pertes, face aux Allemands retranchés dans
le bocage normand. Le 134e régiment d'infanterie se
distingua en prenant d'assaut la cote 122 qui surplombait
la ville. Saint-Lô fut prise le 19 juillet. La division
fut surnommée "Santa Fe" lors de la première
Guerre mondiale, du nom de la route ouverte par les pionniers;
dont les soldats de cette division étaient les des-cendants.
L'emblème de la division - une croix entourée
d'un cercle - était utilisée le long de la ligne
de chemin de fer de Santa Fé pour la signalisation.. |
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L'album du 60e anniversaire
"Paroles du Jour-J" est divisé en trois parties
: de la défaite à juin 1944, le Débarquement,
l'été 1944. La
mise en page mêle documents d'archives et photos personnelles,
reproduc-tions d'objets d'époque, fac-similés de lettres
et de dessins.

Chaque
page restitue l'atmos-phère d'un moment, d'une tragédie,
d'un fait-divers; les destinées de jeunes soldats, de Normands,
d'hommes et de femmes qui luttèrent pour la liberté
ou simplement pour survivre.
Editions
Les Arènes - 160 pages - format 24 x 35 cm
Prix
: 29.90 euros
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Le
Débarquement : enjeux de mémoire
Le 10 juin dernier s ‘est tenue à Paris, à l’auditorium
du musée de l’Armée, une confé-rence
organisée par la revue l’Histoire sur le thème
: le Débarquement : enjeux de mémoire. Le débat
était animé par trois intervenants : le géné-ral
Robert Bresse, directeur du musée de l’Armée,
Emmanuel Laurentin, journaliste à France Culture, et Olivier
Pottier, historien/enseignant.
Ils
se sont successivement interrogés sur la relation étroite
entre la mémoire et le politi-que, où le second est
parfois tenté d’instrumentaliser la première,
la transmission de la mémoire, en particulier aux jeunes
générations, et avec quelle pédagogie ? la
place du Débarquement parmi les événements
fondateurs des républiques francaise et améri-caine,
le déplacement du centre de gravité des recher-ches
des historiens, avec en parallèle l’expression «
nou-velle » des victimes des bom-bardements alliés.
Comme le rappelait Olivier Pottier, la mémoire - objet d’histoire
- n’est pas Une; mémoire natio-nale, collective ou
indivi-duelle.
www.invalides.org

Les
secrets de la Libération
Dans son dernier numéro, le magazine Marianne consacre un
dossier à la Libération; aux libérations, plutôt,
puisque entre les premiers villages normands libérés
dès le 6 juin 1944 et La Rochelle, libérée
le 8 mai 1945, les stratégies ne furent pas identiques.
En
vente en kiosque - 4 euros
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