novembre - 2004

Le site officiel du 60e Anniversaire .
www.normandie
memoire.com
.



Le Mag'44
Un autre magazine mensuel à visiter sur la Bataille de Normandie, celui du site :
www.debarquement-normandie.com



 

English version
Un soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de l'enfer d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs de la Big Red One

John F. Mickey était américain, il avait 35 ans en 1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea en septembre 1943, pensant qu'il pouvait être "utile" dans cette guerre. Au moment de son engagement il n'imaginait pas ce qui l'attendait : la séparation de ceux qu'on aime, l'horreur de la guerre, et même la faim et la soif. Tout au long des combats il prit des notes, et bien des années plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine de feuillets. John F. Mickey est décédé en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses mé-moires qui sont retranscrites ici. C'est l'expé-rience d'un homme "ordinaire" qui croyait en certaines valeurs humaines, et qui les défendit, des plages de Normandie jusqu'à la forêt de Hurtgen, en Allemagne, où il fut blessé.
(Mémoires de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan)

Episode 10 : La France
"
La progression se mesurait en quelques centaines de mètres, deux ou trois champs..." Par J. F. Mickey

La bataille de Saint-Lô
Saint-Lô était une grande cité historique, avec des cathédrales et des bâtiments gothiques datant de plusieurs siècles; elle était peuplée de 20000 habitants et fut entièrement détruite par les bombardements. Il n’y avait plus que des ruines, infranchissables pour des hommes à pied. On était à cinq kilomètres de la ville, le temps était clair et on attendait l’arrivée des bombardiers. Vers midi ils apparurent en formations de vingt-quatre, je commençais à compter les appareils en traçant des marques sur le sol. La première vague lâcha ses bombes, puis les vingt-quatre suivants… Je cessais de compter. Saint-Lô était un carrefour important, d’où partaient de nombreuses routes reliant des villes et villages comme La-Haye-du-Puits, Saint-Gilles, Lessay, Marigny et d’autres. Il suffit de citer ces noms devant n’importe quel G. I. ayant combattu en Normandie, pour que cela lui évoque des souvenirs. Les Allemands tenaient la ville et utilisaient tous les moyens à leur disposition. La bataille débuta le 3 juillet et il fallut presque tout le mois

pour capturer la ville, après que les bombardiers aient largué des tonnes de bombes, et l’artillerie tiré des milliers d’obus. Les deux premières semaines furent des combats de haies, des haies épaisses et hautes de trois mètres, infranchissables pour un fantassin. Une photo aé-rienne montra quelques quatre mille parcelles dans une zone de douze kilo-mètres carré, derrière ces haies des petits groupes de soldats allemands en-

Un soldat allemand se rend près de Saint-Lô
-terrés, armés d’une mitrailleuse ou d’un canon antichar. L’avance était lente, et il fallait neutraliser ces positions, qui résistaient avec acharnement, l’une après l’autre. La pro-gression se mesurait en quelques centaines de mètres, deux ou trois champs. En face, les divisions blindées de Hitler n’étaient pas facile à vaincre. Nous disposions de douze divisions, mais beaucoup n’étaient pas à pleins effectifs. Depuis le débarquement à Utah et Omaha les remplace-ments et le matériel subissaient des difficultés d’acheminement. Il fallut traverser la rivière Vire, et nous arrivâmes à un pont métallique en partie détruit par les bombes allemandes ; le génie construisit rapidement un pont de secours sous le feu ennemi, au prix de quinze pertes parmi nos hommes. Cette bataille sanglante prit fin avec la prise de Saint-Lô le 19 juillet.
(Photo ci-dessus : Conseil régional de Basse-Normandie/National Archives USA)
 
 


Wn 62, j'étais à Omaha beach
Franz Gockel avait 13 ans le 1er septembre 1939, quand l’Allemagne agressait la Pologne et entraînait son pays dans la spirale de la guerre.

Après le temps des conquêtes, vint celui des défaites. En 1943 la machine nazie l'embrigade, c’est le Service du travail du Reich, puis l’armée. En septembre 1943 Franz arrive en Normandie, à Colleville-sur-Mer. Avec ses camarades il va édifier le WN 62, qui sera sa « maison » jusqu’au 6 juin 1944. Franz Gockel raconte sa vie d’avant le Jour J, les relations amicales avec la population normande - il rendra visite à plusieurs après la guerre - l’instruction, la vie quotidienne du soldat, l’inspection du général Rommel qui activera tardivement les travaux de fortifications. Le 6 juin 1944, la vie de Franz Gockel bascule à 17 ans et ne sera plus jamais la même. Est-ce l’instinct de survie, ou la chance - les deux à la fois certainement - qui lui ont permis d ‘écrire ce livre 60 ans après. Une cinquantaine de pages présentent également les témoignages de soldats américains rencontrés par Franz en 1984, et dont certains sont devenus des amis.
La Porte de l’enfer
18 euros - 240 pages - Editions Hirle