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English
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| Un
soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de l'enfer
d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs de la Big
Red One |
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John
F. Mickey était américain, il avait 35 ans en
1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea en septembre
1943, pensant qu'il pouvait être "utile" dans
cette guerre. Au moment de son engagement il n'imaginait pas
ce qui l'attendait : la séparation de ceux qu'on aime,
l'horreur de la guerre, et même la faim et la soif.
Tout au long des combats il prit des notes, et bien des années
plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine de
feuillets. John F. Mickey est décédé
en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses mé-moires
qui sont retranscrites ici. C'est l'expé-rience d'un
homme "ordinaire" qui croyait en certaines valeurs
humaines, et qui les défendit, des plages de Normandie
jusqu'à la forêt de Hurtgen, en Allemagne, où
il fut blessé.
(Mémoires
de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan) |
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Episode
10 : La France
"
La progression se mesurait en quelques centaines de mètres,
deux ou trois champs..."
Par J. F. Mickey |
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La
bataille de Saint-Lô
Saint-Lô
était une grande cité historique, avec des cathédrales
et des bâtiments gothiques datant de plusieurs siècles;
elle était peuplée de 20000 habitants et fut
entièrement détruite par les bombardements.
Il n’y avait plus que des ruines, infranchissables pour
des hommes à pied. On était à cinq kilomètres
de la ville, le temps était clair et on attendait l’arrivée
des bombardiers. Vers midi ils apparurent en formations de
vingt-quatre, je commençais à compter les appareils
en traçant des marques sur le sol. La première
vague lâcha ses bombes, puis les vingt-quatre suivants…
Je cessais de compter. Saint-Lô était un carrefour
important, d’où partaient de nombreuses routes
reliant des villes et villages comme La-Haye-du-Puits, Saint-Gilles,
Lessay, Marigny et d’autres. Il suffit de citer ces
noms devant n’importe quel G. I. ayant combattu en Normandie,
pour que cela lui évoque des souvenirs. Les Allemands
tenaient la ville et utilisaient tous les moyens à
leur disposition. La bataille débuta le 3 juillet et
il fallut presque tout le mois |
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pour
capturer la ville, après que les bombardiers aient
largué des tonnes de bombes, et l’artillerie
tiré des milliers d’obus. Les deux premières
semaines furent des combats de haies, des haies épaisses
et hautes de trois mètres, infranchissables pour un
fantassin. Une photo aé-rienne montra quelques quatre
mille parcelles dans une zone de douze kilo-mètres
carré, derrière ces haies des petits groupes
de soldats allemands en- |
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| Un
soldat allemand se rend près de Saint-Lô
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-terrés,
armés d’une mitrailleuse ou d’un canon
antichar. L’avance était lente, et il fallait
neutraliser ces positions, qui résistaient avec acharnement,
l’une après l’autre. La pro-gression se
mesurait en quelques centaines de mètres, deux ou trois
champs. En face, les divisions blindées de Hitler n’étaient
pas facile à vaincre. Nous disposions de douze divisions,
mais beaucoup n’étaient pas à pleins effectifs.
Depuis le débarquement à Utah et Omaha les remplace-ments
et le matériel subissaient des difficultés d’acheminement.
Il fallut traverser la rivière Vire, et nous arrivâmes
à un pont métallique en partie détruit
par les bombes allemandes ; le génie construisit
rapidement un pont de secours sous le feu ennemi, au
prix de quinze pertes parmi nos hommes. Cette bataille sanglante
prit fin avec la prise de Saint-Lô le 19 juillet.
(Photo ci-dessus : Conseil régional
de Basse-Normandie/National Archives USA)
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Wn 62, j'étais à Omaha beach
Franz Gockel avait 13 ans le
1er septembre 1939, quand l’Allemagne agressait la Pologne
et entraînait son pays dans la spirale de la guerre.
Après le temps des conquêtes, vint celui des défaites.
En 1943 la machine nazie l'embrigade, c’est le Service du
travail du Reich, puis l’armée. En septembre 1943 Franz
arrive en Normandie, à Colleville-sur-Mer. Avec ses camarades
il va édifier le WN 62, qui sera sa « maison »
jusqu’au 6 juin 1944. Franz Gockel raconte sa vie d’avant
le Jour J, les relations amicales avec la population normande -
il rendra visite à plusieurs après la guerre - l’instruction,
la vie quotidienne du soldat, l’inspection du général
Rommel qui activera tardivement les travaux de fortifications. Le
6 juin 1944, la vie de Franz Gockel bascule à 17 ans et ne
sera plus jamais la même. Est-ce l’instinct de survie,
ou la chance - les deux à la fois certainement - qui lui
ont permis d ‘écrire ce livre 60 ans après.
Une cinquantaine de pages présentent également les
témoignages de soldats américains rencontrés
par Franz en 1984, et dont certains sont devenus des amis.
La
Porte de l’enfer
18 euros - 240 pages - Editions Hirle
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