novembre
2004

One of the Big Red One
Episode 10 : La France - par John F. Mickey (suite)

Les différents visages de la mort
En faisant face à la mort tous les jours, on surmonte la peur en l’acceptant. En la côtoyant si souvent on s’y prépare émotion-nellement. En voyant un copain mort, on ressent de la tristesse et un désir de vengeance. En voyant des civils tués, des mères et leurs enfants, on ressent une colère amère. A la vue d’un soldat ennemi mort, c’est le sentiment du devoir accompli, parfois aussi un peu de compassion.
Une nuit on avançait dans la campagne en évitant les routes. Progressant en silence, par une lune en croissant, on arriva à un tournant où on entendit parler bruyamment. A travers la haie on voyait les Allemands aller et venir en riant. On les attaqua par surprise en déclenchant un feu d’enfer; ils se défendirent un moment puis crièrent pour se rendre, alors on cessa le feu. Leur chef s’avança pour se rendre, on apprit qu’ils étaient une cinquantaine. En traversant la haie, on n’en crut pas nos yeux, il y avait un camion chargé de liqueurs françaises et des bouteilles partout, ils n’avaient pas pu résister à la tentation. Il était tard et aucun d’entre nous n’avait envie de dormir. Ils n’y avait que onze survivants, plus de morts que de blessés à s’occuper. L’aube arriva rapidement et on fit un tour pour constater les dégâts, leurs blessés furent emmenés vers l’arrière dans des brancards improvisés pour être soignés. Je baissais les yeux sur un homme dont une partie du cuir chevelu avait été arrachée. Brusquement il ouvrit les yeux et me fixa, il n’était pas mort, les doigts de sa main droite levée bougeaient, comme s’il voulait attirer mon attention. J’essayais de lui faire comprendre qu’on allait l’emmener vers un hôpital. Si quelqu’un m’écoutait, il m’aurait entendu prier à haute voix pour que cet homme vive. Seigneur, je n’ai jamais eu autant de compassion pour un ennemi. Quelques jours après, on traversait une ville assez importante, la population enthousiaste nous accueillit ; quand on passa devant un hôpital, des religieuses vêtues de blanc nous acclamèrent par les fenêtres ouvertes, certaines se trouvaient dans la foule autour de nous. L’une d’elles vit le chapelet autour de mon cou et m’accompagna un moment, elle m’apprit que cette ville était le foyer de Sainte-Thérèse « la petite fleur » ; c’était une jeune nonne qui était morte ici. La religieuse ôta une médaille de la sainte de sa poitrine, et l’accrocha sur mon blouson. Elle me dit : « je prierai pour votre retour dans votre foyer ». J’ai pu ramener cette médaille chez moi…

( à suivre dans le magazine de décembre : Onze heure moins six)

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Vous pouvez lire (en Anglais) cette histoire émouvante et triste sur ce site néerlandais.
users.interstroom.nl
Ils étaient frères jumeaux, ils débarquèrent le 6 juin 1944 à Omaha beach
Robert et Richard naissent
- frères jumeaux - en 1925 à Buffalo, dans l'état de New-York. Le 7 décembre 1941, c'est le choc de Pearl Harbor, leur frère aîné est appelé sous les drapeaux. Puis c'est le tour des deux cadets en 1943. Ils vont rester ensemble pendant leurs classes dans le génie. Pressentant qu'ils seront séparés à l'issue de leur apprentissage du métier militaire, leur mère écrit une lettre au Président des Etats-Unis, où elle sollicite la faveur de les voir incor-porer dans la même unité. Excep-tionnellement sa requête est accep-tée. Le destin attend les deux frères le 6 juin 1944 sur une plage normande. Le Jour J, leur bataillon est rattaché à la 1re Division d'infanterie, Richard est blessé à la main par un éclat d'obus, il est évacué; Robert est tué le lendemain.
 


Le musée d'un passionné
Exceptionnellement dans ce magazine de novembre nous présentons un musée qui ne se trouve pas en Normandie. Peut-être moins connu parce qu'il est situé dans la Sarthe à quelques kilomètres du Mans, il n'en présente pas moins une belle collection. Et surtout, il est l'oeuvre d'un passionné : Roger Bellon. M. Bellon avait 16 ans en août 1944, et il a vécu des moments qui se sont gravés à jamais dans sa mémoire.


Devant le musée en juin 2004, une jeep et un Dodge

Il ouvre son premier musée en 1966, puis déménage et en installe un second en 1971 dans le sous-sol de sa maison. Enfin en 2001, la commune de Conlie, dans la Sarthe, accueille M. Bellon dans un espace complè-tement dédié à son musée : 95 mannequins en uniforme, un blindé américain, une jeep, une moto allemande, des documents et des photos, des objets de la vie quotidienne... Si vous passez par Le Mans, rendez-visite à M. Bellon.
museerogerbellon.fr


Nos amis Français
Dans le journal d'octobre nous présentions un petit guide à l'usage des soldats américains en France, en voici la couverture originale de 1944.
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Sites historiques :
D-Day Normandie états des lieux
Juin 44 un vent de Liberté
Les fleurs de la mémoire

Debarqment.com

Sites pédagogiques :
France 5

6juin.omaha

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