février - 2005

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Le Mag'44
Un autre magazine mensuel à visiter sur
la Bataille de Norman-die, celui du site :
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English version
Un soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de l'enfer d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs de la Big Red One

John F. Mickey était américain, il avait 35 ans en 1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea en septembre 1943, pensant qu'il pouvait être "utile" dans cette guerre. Au moment de son engagement il n'imaginait pas ce qui l'attendait : la séparation de ceux qu'on aime, l'horreur de la guerre, et même la faim et la soif. Tout au long des combats il prit des notes, et bien des années plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine de feuillets. John F. Mickey est décédé en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses mé-moires qui sont retranscrites ici. C'est l'expé-rience d'un homme "ordinaire" qui croyait en certaines valeurs humaines, et qui les défendit, des plages de Normandie jusqu'à la forêt de Hurtgen, en Allemagne, où il fut blessé.
(Mémoires de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan)

Episode 13 : La France
"
Soudain j’entendis des hommes crier : « gaz ! »..."
Par J. F. Mickey

Alerte aux gaz
La plupart d’entre nous s’étaient débarrassés des pelles et des masques à gaz. Personne n’avait envie de s’encombrer d’objets aussi lourds, on était déjà assez chargé. Par un chaud après-midi, la compagnie s’arrêta dans une plaine où stationnait un camion. On nous ordonna de nous déshabiller. Le chauffeur déchargeait des effets qu’il fallait endosser, ils devaient nous protéger contre les gaz. Les longues guêtres, les chaussettes et les gants à manchette étaient d’une couleur gris sale. Tout était épais, les guêtres tenaient debout toutes seules. C’était collant et ça puait, le capitaine hurla : « est-ce qu’il y en a un qui veut porter ça ? Moi je préférerais être pendu ! » ; personne n’en voulais. Brusquement il y eut un coup de feu, un homme fut blessé; cela venait des arbres, on a arrosé les branchages pendant une minute, les feuilles sont tombées comme des plumes et le tireur s’est écrasé au sol avec un bruit sourd. C’était une japonaise nazie et fanatique, on en avait entendu parler mais c’était la première fois qu’on en rencontrait une. On est arrivé dans une zone

boisée où les Allemands avaient dû bivouaquer plusieurs jours, le terrain était jonché de déchets. Des boîtes de balles en bois du calibre de leurs armes traînaient sur le sol ; par des prisonniers on sut par la suite qu’elles étaient censées causer des blessures pour nous ralentir, en perdant du temps à extraire les éclats de bois. Ce type de balle n’était efficace qu’à courte portée et il fut apparem-ment vite abandonné.

Fantassin américain progressant dans des ruines, à l'affut
de tireurs isolés allemands

Il y avait une odeur entêtante chez le soldat allemand. On pouvait le repérer à son odeur, n’importe où, surtout pendant les mois d’été. Je n’ai jamais su ce que c’était, peut-être une sorte d’insecticide. Au cours d’une chaude nuit d’août, je reçus l’ordre de contacter une section afin de régler un problème. Je les trouvais sans difficulté. Soudain j’entendis des hommes crier : « gaz ! »; la plupart d’entre nous avaient abandonné leurs inconfortables masques à gaz depuis longtemps, moi aussi. En m’approchant du chef de section, je lui fis remarquer que je ne sentais rien d’inhabituel; je lui demandais si des hommes souffraient de symptômes particuliers. Le sergent me répondit que l’homme posté le plus en avant de la ligne avait commencé à donner l’alerte et que les autres avaient suivi. On avança jusqu’à lui et on sentit un parfum de fleurs. En se souvenant de l’entraînement contre les gaz, on a fouillé les alentours, et on a finit par trouver un grand carré de géraniums à vingt mètres de là. Tout le monde se détendit et se mit à respirer.
(Photo ci-dessus : Conseil régional de Basse-Normandie/National Archives USA)

 
 


Un tankiste du 12e Cuirs se souvient
La 2e Division blindée libère Alençon le 12 août 1944, pour beaucoup de jeunes Normands c'est une découverte de voir des Français combat-trent sous l'uniforme américain.



Guy Bourée et son camarade saisissent l'occasion, et se font recruter par un officier du 12e Régiment de cuiras-siers. Guy Bourée ne sera pas engagé pendant la Bataille de Normandie. I
l sera radio-chargeur à bord d'un char Sherman, et se battra en Moselle, libérera Strasbourg, il participera à la réduction de la poche de Royan et terminera la guerre à Berchtesgaden, une résidence d'Hitler.
Batailles et blindés n°6
- en vente en kiosque, 6,50 euros


God was on the beach D-Day...
"Dieu était sur la plage le Jour J...", alors que les hommes de la 1re Division d'infanterie meurent par dizaines sur la plage d'Omaha, dans un enfer de flammes, de feu, de corps mutilés, désintégrés, ensanglan-tés.

Cette affirmation de foi est celle de John G. Burkhalter, aumônier de la Big Red One, dans une lettre écrite à sa femme peu après le débarquement.
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