Novembre 2005

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Un soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de l'enfer d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs de la Big Red One

John F. Mickey était américain, il avait 35 ans en 1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea en septembre 1943, pensant qu'il pouvait être "utile" dans cette guerre. Au moment de son engagement il n'imaginait pas ce qui l'attendait : la séparation de ceux qu'on aime, l'horreur de la guerre, et même la faim et la soif. Tout au long des combats il prit des notes, et bien des années plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine de feuillets. John F. Mickey est décédé en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses mé-moires qui sont retranscrites ici. C'est l'expé-rience d'un homme "ordinaire" qui croyait en certaines valeurs humaines, et qui les défendit, des plages de Normandie jusqu'à la forêt de Hurtgen, en Allemagne, où il fut blessé.
(Mémoires de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan)

Episode 20 : L'Allemagne
"
On entendit un coup de feu et le copain revint tout seul..."
Par J. F. Mickey

Un ordre est un ordre
Un matin on nous donna un ordre qu’on avait jamais reçu. Le commandant Simon s’adressa à nous : « comme vous le savez il y a un problème de ravitaillement, donc le mot d’ordre du jour est : pas de prisonniers, c’est compris? ». Personne ne posa de questions. Vers midi nous progressions en terrain découvert dans une zone en friches, on se déploya. Chaque homme devait être en vue de son voisin de droite et de gauche. On avançait dans les hautes herbes qui nous montaient aux épaules. A un moment, notre section fut séparée des autres et on se retrouva pris sous le feu d’une mitrailleuse ennemie. Le sergent Eddie était sur le flanc gauche, j’étais à droite. On se je-

ta à terre, et en ram-pant on tenta de se mettre hors de portée de tir. Brusquement je me trouvais face à face avec un soldat alle-mand, il jeta son arme aussitôt et mit les mains sur la tête, je lui ordonnais de rester à plat ventre. Bon sang, ce gosse ne devait pas avoir plus de seize ans; il était effrayé. J’étais angoissé à l’idée d’a-voir fait un prisonnier, je lui dis de se lever et d’avancer. Par signes, en allemand, il sem-blait me dire d’aller vers la droite hors de...


Le Troisième Reich n'hésita pas à envoyer au combat les classes d'âge les plus jeunes, le plus souvent avec une formation militaire réduite
(photo : Coinseil régional de Basse Normandie/National archives USA)
   
 
 

English version


Patton, le guerrier
C'est l'un des chefs militaires américains les plus controversés, qui fait le sujet d'un numéro hors série de la revue Batailles : Georges Smith Patton.


Enfant, Georges Patton baigne dans une atmos-phère où l'on exalte les vertus militaires, et les qualités physiques. Il termine la Grande guerre blessé et décoré. Et surtout, il en sort persuadé de l'efficacité de l'action conjointe des chars et de l'infanterie. Fin 1942, il débarque en Afrique du Nord avec l'opération Torch, puis en Sicile où a lieu l'incident des gifles. En Normandie il regrette de ne pas être dans la première vague. Mais Eisenhower lui confie un rôle à sa mesure à la tête de la 3e Armée, qui aura un rôle majeur dans l'encerclement des forces allemandes dans la poche de Falaise
. Un numéro à ne pas manquer.
Batailles, hors série n°6. En vente en kiosque.
84 pages, 10,95 euros.