la
mitrailleuse. Je sifflais, le sergent Eddie et les autres
avancèrent dans notre direction. Quand le sergent
Ed vit qui était avec moi il s’écria
: « Seigneur Micki, qu’est-ce que tu fous ?
». Je répondis que je n’avais pas eu
le temps d’ouvrir le feu sur le moment, j’avais
quitté la position et je n’avais pas pu tirer
ensuite. On arriva à une route étroite et
sale, on se regardait et personne ne disait mot. Eddie rappela
l’ordre du jour, il ramassa plusieurs brins d’herbe,
« le brin le plus court s’en chargera »
dit-il. Le prisonnier était à plat ventre,
le soldat perdant le fit marcher jusqu’aux hautes
herbes, on entendit un coup de feu et le copain revint tout
seul; personne ne lui posa de questions, l’avait-il
fait ou pas ? Plus loin on avançait sur une route
pavée, l’arme à la bretelle, quand on
vit une trentaine d’Allemands, désarmés,
les mains sur la tête, ils nous hélèrent,
mais on a continué. Le capitaine nous dit : «
ne faites pas attention à ces enfoirés! ».
Les Allemands nous regardèrent passer notre chemin,
ahuris ; ils devaient se douter qu’on étaient
pas seuls.
Un G. I.
surnommé Hill Billy
Un matin, dans un bois que nous ratissions, on nous tira
dessus, le tir provenait de buissons au-dessus de nous,
on ne voyait pas le tireur. Un gars que nous surnommions
Hill Billy était à côté de moi,
on répondait au tir ennemi à l’aveuglette.
Puis on entendit un cri : « Kamerad », un allemand
blessé se traînant et brandissant un vêtement
blanc s’approcha. Je criais de cesser le tir, alors
que l’Allemand arrivait près de nous Hill Billy
lui tira une balle en pleine tête, était-ce
un meurtre, ou un coup de feu accidentel ? En sortant du
bois, on a atteint une route étroite et boueuse.
Dans un virage il y avait une petite maison de pierre sur
une colline, un vieil homme à la fenêtre regardait
la route. Il y eut un coup de feu, et le vieil homme s’effondra,
Hill Billy avait abattu une autre « cible »,
plus jamais je ne voulus avoir ce type à côté
de moi.