Janvier 2006

One of the Big Red One
Episode 22 : L'Allemagne - par John F. Mickey (suite)

On cherchait toutes les cachettes de l’ennemi. Dans les maisons abandonnées, on ne trouvait pas de nourriture. Une fois je mis la main sur un sac de nourriture pour chat, pas très comestible. Quand les gens quittaient leurs maisons pour fuir les combats, ils emmenaient tout ce qu’ils pouvaient : nourriture, couvertures, laissant tout le reste derrière eux. Ils ne pouvaient emporter que l’indispensable. Dans un convoi d’un kilomètre de long, on vit des cages pleines de volaille et d’animaux de compagnie ; hommes, femmes, enfants entassés dans des chariots, le bétail les suivaient lentement. Un homme poussait un grand landau d’enfants en osier, dans lequel un vieil homme maigre, incapable de marcher, était assis. Personne ne mangeait dans la colonne. Quelques-uns décidaient de ne pas partir et restaient dans leur village. C’est là qu’on pouvait voir quelques poules ; souvent on faisait une descente dans les poulaillers pour trouver des œufs. Il n’y avait de potager nulle part, les pelouses devant les maisons avaient été transformées en carré de choux, c’était mieux que rien.
Dans un village on cherchait un abri pour la nuit, on était sur nos gardes. Les maisons avaient l’air abandonnées, mais quatre d’entre nous décidèrent d’aller jeter un œil. L’un des bâtiments avait été bombardé, dans la cave il y avait une jeune femme, deux enfants et les grands-parents. Utilisant un dictionnaire anglais-allemand, on expliqua à la femme qu’on allait passer la nuit ici. Elle parlait un peu l’anglais, elle nous expliqua que son mari avait été mobilisé et qu’elle ignorait ce qu’il était devenu. Je conseillais aux personnes âgées de dormir, nous allions faire des tours de garde. Elle nous demanda si on voulait du café chaud, c’était du café d’orge, il était atroce mais on l’a bu quand même. La cave avait trois pièces avec des murs sales, le sol était couvert de planches. Ils en avaient arrachées pour construire des lits. Je m’allongeais sur une espèce de banc dans une petite pièce, pour sommeiller une heure. A mon réveil, je fus surpris de trouver près de mois trois tranches de pain, je leur demandais s’il l’avait cuit eux-mêmes, la femme me répondit qu’elle l’avait sauvé de leur boulangerie avant qu’elle ne soit bombardée. Je leur demandais ce qu’ils pensaient d’Hitler, les personnes âgées hurlèrent et la jeune femme me dit qu’Hitler était fou, ils l’avaient entendu à la radio. On a goûté au pain et on en a emporté un peu en s’en allant, ils avaient partagé avec nous le peu qu’ils possédaient. Le couple âgé s’est mis à pleurer quand nous sommes partis, ils devaient se sentir en sécurité avec nous, je les rassurais, beaucoup d’autres Américains allaient suivre après nous. On s’est bien reposé cette nuit là, mais à l’aube on s’est heurté à l’ennemi qui avait l’air bien reposé, lui aussi.

A suivre dans le numéro de février : la ration du fantassin amériicain
Tous les droits de l'auteur des textes et des photographies sont réservés. Toute reproduction ou utilisation des oeuvres, autre que privée ou à fin de consultation individuelle sont interdites, sauf autorisation.


Pélerinage virtuel
C'est à une visite virtuelle des grands sites du Débarquement que nous invitent les deux concep-teurs de ce site.
Né de la collaboration d'un photo-graphe et d'un concepteur multimédia, D-Day Spots vous emmène d'Utah Beach à Sword Beach, vous pourrez visionner les principaux sites grace au panoramique 360°.

Omaha Beach

Sainte-Mère Eglise
Pour en savoir plus :
www.trimaran.com


Le guide de la Bataille
Le site web de Normandie 44 la mémoire est toujours disponible dans les Mai-sons de la presse, les musées de Normandie, les FNAC, et aux Editions Heimdal, à Bayeux.
tél : 02 31 51 68 68
240 pages - 15 euros


Stars and Stripes, des étoiles et des rayures
Une idée originale de J. Y. Simon : mettre en ligne sa thèse. Le sujet, en l'occurence, est le journal des Forces américaines qui combattaient outre-mer : Stars and Stripes. Ce journal réalisé "par des soldats pour des soldats" est né pendant la guerre de Séces-sion, à l'initiative de quelques hommes du 18th Illinois Volunteers. Pendant la Deuxiè-me guerre mondiale, il parut de nouveau à partir de 1942 à Londres, pour les soldats américains qui stationnaient en nombre croissant en vue du Débarquement.
Pour en savoir plus : www.stars-stripes.info
 
A Saint-Lô, un jeune français distribue The Stars and Stripes


2005
Magazine de décembre

Magazine de novembre

Magazine d'octobre

Magazine de juillet-août
Magazine de juin
Magazine de mai
Magazine d'avril
Magazine de mars
Magazine de février
Magazine de janvier