avril 2006 / n°31

   
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Un soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de l'enfer d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs de la Big Red One
John F. Mickey était américain, il avait 35 ans en 1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea en septembre 1943, pensant qu'il pouvait être "utile" dans cette guerre. Au moment de son engagement il n'imaginait pas ce qui l'attendait : la séparation de ceux qu'on aime, l'horreur de la guerre, et même la faim et la soif. Tout au long des combats il prit des notes, et bien des années plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine de feuillets. John F. Mickey est décédé en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses mé-moires qui sont retranscrites ici. C'est l'expé-rience d'un homme "ordinaire" qui croyait en certaines valeurs humaines, et qui les défendit, des plages de Normandie jusqu'à la forêt de Hurtgen, en Allemagne, où il fut blessé.
(Mémoires de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan)
Episode 23 : L'Allemagne
"
Notre alimentation quotidienne, c’était la ration C en boites de 300 grammes..." Par John F. Mickey
La ration du fantassin américain
Il n’y avait ni Mac Donald, ni Wendys, ni restaurant à tacos, mais nous ne cherchions pas les restaurants, ce sont les ennemis et les tireurs isolés que nous pourchassions. Habituellement, le meilleur moment pour manger c’était la nuit, quand on avait quelque chose à manger, et quand l’ennemi vous laissait un répit. Mais c’était dangereux de faire un feu qui se voyait de loin; par nuit noire l’étincelle d’une allumette était visible à plusieurs kilomètres.
Les avions ennemis volaient la nuit et lâchaient des fusées éclai-
rantes là où ils pensaient nous trouver. Ces fusées éclairaient le sol comme en plein jour, dans ces cas là on ne bougeait plus, et on attendait qu’elles se consument. Un éternuement s’entendait à cinq cent mètres par nuit calme, tout ça on le savait. En vivant comme des chiens perdus pendant ces glaciales et humides journées d’hi-ver, personne n’a jamais attrapé froid, on s’est demandé si ce n’était pas le résultat des seize injections de vaccins qu’on avait reçu. Le soldat allemand a tou-jours dans sa gamelle un peu de café et un morceau de pain noir. Un après-midi, cinq de nos gars sont tombés sur quatre Alle-mands, on a échangé des coups de feu pendant un quart d’heure.
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Un G. I. américain, aux traits fatigués, marque une pause ration
Conseil général de Basse-Normandie/National Archives USA

Ernst Barkmann, as de la Panzerwaffe
La bataille de Normandie est à l'honneur au sommaire du numéro 13 de mars/avril de Batailles et blindés
. En effet trois articles traitent du sujet. Le premier est un rapport du général von Lüttwitz, qui comman-dait la 2e Panzer-Division.

Ce rapport est la synthèse d'un peu plus d'un mois de combat, il décrit les méthodes de combat utilisées dans le bocage, et met déjà en lumière les causes principales de la défaite allemande. Le deuxième article présente l'action de la Brigade belge, commandée par le Lieutenant-colonel Piron. Six mois de combats jusqu'à sa dissolution le 15 décem-bre 1945, les hommes de la Brigade Piron seraient-ils les "oubliés" de la libération de l'Europe? Le dernier article est peut-être le plus passion-nant et le plus inédit, il nous raconte l'histoire d'un jeune homme de vingt-six ans qui devint un as des blindés allemands. Ernst Barkmann combat-tit en Russie, en Normandie, dans les Ardennes, puis fut fait prisonnier par les Britan-niques en Autriche en avril 1945. De janvier 1943 à avril 1945 Barkmann a détruit à lui seul plus de 180 chars.
En vente en kiosque, 86 pages
6,90 euros