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English
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Un
soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de
l'enfer d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs
de la Big Red One |
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John
F. Mickey était américain, il avait 35
ans en 1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea
en septembre 1943, pensant qu'il pouvait être
"utile" dans cette guerre. Au moment de son
engagement il n'imaginait pas ce qui l'attendait : la
séparation de ceux qu'on aime, l'horreur de la
guerre, et même la faim et la soif. Tout au long
des combats il prit des notes, et bien des années
plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine
de feuillets. John F. Mickey est décédé
en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses
mé-moires qui sont retranscrites ici. C'est l'expé-rience
d'un homme "ordinaire" qui croyait en certaines
valeurs humaines, et qui les défendit, des plages
de Normandie jusqu'à la forêt de Hurtgen,
en Allemagne, où il fut blessé.
(Mémoires
de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan) |
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Episode
23 : L'Allemagne
"Notre
alimentation quotidienne, c’était la ration C
en boites de 300 grammes..."
Par
John F. Mickey |
La
ration du fantassin américain
Il n’y avait ni Mac Donald, ni Wendys, ni restaurant
à tacos, mais nous ne cherchions pas les restaurants,
ce sont les ennemis et les tireurs isolés que nous
pourchassions. Habituellement, le meilleur moment pour manger
c’était la nuit, quand on avait quelque chose
à manger, et quand l’ennemi vous laissait un
répit. Mais c’était dangereux de faire
un feu qui se voyait de loin; par nuit noire l’étincelle
d’une allumette était visible à plusieurs
kilomètres. Les
avions ennemis volaient la nuit et lâchaient des fusées
éclai- |
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rantes
là où ils pensaient nous trouver. Ces fusées
éclairaient le sol comme en plein jour, dans ces cas
là on ne bougeait plus, et on attendait qu’elles
se consument. Un éternuement s’entendait à
cinq cent mètres par nuit calme, tout ça on
le savait. En vivant comme des chiens perdus pendant ces glaciales
et humides journées d’hi-ver, personne n’a
jamais attrapé froid, on s’est demandé
si ce n’était pas le résultat des seize
injections de vaccins qu’on avait reçu. Le soldat
allemand a tou-jours dans sa gamelle un peu de café
et un morceau de pain noir. Un après-midi, cinq de
nos gars sont tombés sur quatre Alle-mands, on a échangé
des coups de feu pendant un quart d’heure.
suite page 2 |
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Un
G. I. américain, aux traits fatigués, marque une
pause ration
Conseil général de Basse-Normandie/National
Archives USA |
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