|
 |
 |
| |
English
version |
Un
soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de
l'enfer d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs
de la Big Red One |
 |
 |
|
John
F. Mickey était américain, il avait 35
ans en 1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea
en septembre 1943, pensant qu'il pouvait être
"utile" dans cette guerre. Au moment de son
engagement il n'imaginait pas ce qui l'attendait : la
séparation de ceux qu'on aime, l'horreur de la
guerre, et même la faim et la soif. Tout au long
des combats il prit des notes, et bien des années
plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine
de feuillets. John F. Mickey est décédé
en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses
mé-moires qui sont retranscrites ici. C'est l'expérience
d'un homme "ordinaire" qui croyait en certaines
valeurs humaines, et qui les défendit, des plages
de Normandie jusqu'à la forêt de Hurtgen,
en Allemagne, où il fut blessé.
(Mémoires
de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan) |
|
|
|
|
|
|
|
Episode
25 : L'Allemagne
"L’avance
reprit, et
brusquement ce fut l’enfer : mitrailleuses, mortiers,
fusils se déchaînèrent,.."
Par
John F. Mickey |
L'enfer
de la forêt de Hurtgen
Comme ceux des plages d’Omaha Beach, les combats de
la forêt de Hurtgen sont restés gravés
dans ma mémoire. Je ne compte pas les nuits où,
quarante ans après je me réveille encore, brusquement,
rêvant et revivant cette froide et morne après-midi
dans la forêt de Hurtgen. Ce matin du 20 novembre, on
tentait de se réchauffer, les lèvres bleuies
par le froid. On manquait de rations. On se mit en route sous
la pluie qui se transforma en neige, une sale journée
commençait. Personne ne se plaignait, l’important
c’était de rester vivant On était une
douzaine, en approchant de la forêt on se déployât
avant d’y pénétrer. C’était
facile de perdre le sens de l’orientation au milieu
des pins. Un coup de feu retentit et Cartwright fut touché
à la jambe, puis le silence. L’avance reprit,
et |
|
|
|
et brusquement ce fut l’enfer : mitrailleuses, mortiers,
fusils se déchaînèrent, en quelques minu-tes
presque toute la patrouille fut fauchée par les tirs.
Puis ce fut de nouveau le silence, on entendit les gémissements
et les appels au secours, un jeune gars sur ma gauche hurlait
: « maman, je ne veux pas mourir ici ! », je crois
que c’était un remplaçant, il devait avoir
dix huit ans. On était tombé droit dans un piège,
il faisait sombre sous les pins et on ne distin-guait pas
nos ennemis ; seules les lueurs des départs nous indiquaient
l’origine des tirs. |
 |
|
Un
camion américain abondamment camouflé remorquant
un canon anti-aérien progresse dans la forêt
de Huertgen.
NARA |
|
|
|
|
|
|
 |
|
|