juillet/août 2006 / n°34

   
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Un soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de l'enfer d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs de la Big Red One
John F. Mickey était américain, il avait 35 ans en 1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea en septembre 1943, pensant qu'il pouvait être "utile" dans cette guerre. Au moment de son engagement il n'imaginait pas ce qui l'attendait : la séparation de ceux qu'on aime, l'horreur de la guerre, et même la faim et la soif. Tout au long des combats il prit des notes, et bien des années plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine de feuillets. John F. Mickey est décédé en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses mé-moires qui sont retranscrites ici. C'est l'expérience d'un homme "ordinaire" qui croyait en certaines valeurs humaines, et qui les défendit, des plages de Normandie jusqu'à la forêt de Hurtgen, en Allemagne, où il fut blessé.
(Mémoires de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan)
Episode 26 : Retour au pays
"
Le docteur allait d’un patient à l’autre en tenant un morceau de bois avec une aiguille..." Par John F. Mickey
Rapatrié
Je fus emmené, avec les autres blessés, dans un village à plusieurs kilomètres. Un chirurgien opérait à la lueur d’une bougie dans les sous-sols d’un bâtiment, dont le toit avait été détruit par les bombardements. Plusieurs heures après, on nous a transféré en ambulance vers l’arrière dans un hôpital de campagne. C’était un grand bar où deux chirurgiens opéraient sur le comptoir à la lueur des lanternes. Je les regardais examiner un homme dont l’épaule était ouverte par un éclat de mortier. L’un prit un sachet en papier brun de poudre de sulfate, il remplit la blessure ouverte, la banda avec de la gaze, et le soldat fut emmené vers un hôpital pour une intervention chirurgicale. On me donna deux capsules qui m’endormirent. On me réveilla au matin avec du café chaud et un morceau de pain. Après ça j’avalais encore deux capsules, puis je m’allongeais sur le sol pour dormir encore pendant huit heures.
Le matin du troisième jour j’étais revenu en
Belgique, j’avais un lit dans la tente hôpital n° 9. Le docteur s’excusa de m’avoir placé dans cette tente, il était tard et c’était le lit vacant le plus proche. Je sortis dehors où un chauffeur de Jeep apportait ce qui avait dû être du café chaud, et une ration de dinde froide. . La nuit avait été glaciale, une neige lourde était tombée. Il était midi passé quand nous entendîmes une bombe V1 approcher, docteurs et infirmières, tout le monde se figea, priant en silence jusqu’à ce qu’elle soit passée, c’était une expérience effrayante.
Suite page 2
Un hôpital militaire américain près de Londres (DR)
 
 


6 juin 1944 Débarquement en Normandie
Ce livre est une réédition. Paru pour la première fois en 1984, il avait obtenu le prix Maréchal Foch de l'Académie française.
Son auteur a été un acteur de la bataille
, le général Jean Compagnon était à l'époque capitaine à l'état-major de la 2e Division blindée française commandée par le général Leclerc. Cet ouvrage est un modèle de synthèse et de rigueur. Le dérou-lement des grandes phases de la bataille de Normandie est présenté avec clarté et précision. Largement illustré de cartes et de photographies c'est un ouvrage acessible à tous les publics. Une part importante du livre - la moitié - est consacrée à la prépa-ration du Jour-J et permet de com-prendre l'enchaînement des déci-sions qui aboutirent à faire de la bataille de Normandie la clé de la victoire sur le nazisme.
En vente en librairie, 164 pages - 20 euros