juillet/août 2006 / n°34

   


Patton, le guerrier
Il y a des discours révélateurs sur la personnalité de leur auteur. Sur ce site de l’armée suisse, la rubrique histoire en met trois en exergue : deux du général de Gaulle - appels du 18 et du 22 juin 1940 - et un du général Patton prononcé peu de temps avant le débarquement en Normandie.


Les textes des appels du général de Gaulle nous sont connus, celui du discours du général Patton peut sembler caricatural aujourd’hui. La responsabilité de Patton était importante, les Alliés étaient à la veille de la plus grande opération militaire de l’Histoire, dont l’enjeu était la libération de l’Europe. Il devait convaincre des centaines d’hommes de combattre un ennemi sur un territoire qu’ils ne connaissaient pas. Il leur parlait de la guerre sans fioriture, de l’honneur et la fierté virile de combattre sous ses ordres. Les succès de la 3e Armée sur le champ de bataille furent décisifs, étaient-ils une preuve que ce style de discours contribua à créer un solide esprit de corps , une motivation supérieure, et faire des hommes de la 3e Armée des soldats hors pair ? Une chose est certaine, la considération pour le combattant ennemi était accessoire pour le général Patton, contrairement à d’autres grands chefs de guerre tel Erwin Rommel.
Pour en savoir plus :
www.checkpoint-online.ch


Le Mag 44 de retour
!

debarquement.normandie.com/

 

Episode 26 : Retour au pays (suite)
De là on nous transféra le 3 décembre à l’Hôpital général de Paris. Alors que j’étais sorti de ma chambre, je vis le « chef » ; il marchait comme hébété, c’était un indien de ma compagnie, d’un mètre quatre vingt de haut, il partait souvent en patrouille tout seul dans les lignes ennemies pour observer leurs mouvements. Parfois, il disparaissait pendant deux jours, il était individualiste, un peu bourru, mais courageux. On l’appelait « chef », il était originaire d’un village inconnu du Wisconsin. Je lui demandais ce qui était arrivé, il me dit qu’il était le seul survivant de son escouade. Il me raconta qu’ils étaient tombés dans un piège mortel dans la forêt de Hurtgen. Je lui répondis que j’étais dans la première section, et que j’étais l’un des deux seuls survivants. Je ne l’ai plus jamais revu.
En quittant Paris, j’ai fais le voyage en train le plus rapide de toute ma vie. Un train fuselé filant à 180 kilomètres à l’heure nous emmena confortablement au port. On embarqua pour l’Angleterre sur un bateau indien avec des infirmières indiennes. Dans l’hôpital anglais on étaient installés dans une immense salle avec soixante lits blancs aux couvertures blanches. On n’osait pas entrer, l’infirmière en chef dit : « vous l’avez mérité, profitez-en ! ». Noël était proche, de nombreux lits étaient occupés par des soldats avec des engelures, ils avaient combattu pendant la Bataille des Ardennes. Le docteur allait d’un patient à l’autre en tenant un morceau de bois avec une aiguille, et demandait : « est-ce que vous sentez quelque chose? ». Les amputations des pieds furent nombreuses. Rien ne nous rappelait que c’était Noël, je demandais à l’infirmière si elle avait quelque chose pour décorer la salle. Elle réussit à obtenir du papier crépon vert et rouge, et de la ficelle. Je dis à quelques uns de découper des bandes de papier de trois inch carré, pendant que les autres les attachaient avec de la ficelle tous les six inch. En une journée on avait des décorations de guirlandes rouges et vertes, qui pendaient du plafond et des murs, c’était assez réussi. Les docteurs et les infirmières des autres salles vinrent admirer notre travail. Les convalescents de l’armée de l’air voulaient acheter tout ce qui venait d’Allemagne. Je vendis une montre de gousset pour cent dollars, j’aurais voulu avoir les lügers et les médailles que j’avais abandonné. Un jour, on nous dit d’échanger toutes nos devises françaises, et certaines devises allemandes, pour des dollars américains. Je repensais à mon paquet de billets français.
A suivre dans le journal de septembre : Le retour au pays

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La fondation de la France Libre
De Keren à Berchtesgaden, presque quatre ans de combats des Forces Françaises Libres sont retracés sur www.France-Libre.net. La fondation de la France Libre est née en 1994, elle perpétue le devoir de mémoire de l’association des Français Libres créée fin 1945 ; son président d’honneur était le Général de Gaulle. Toutes les forces de terre de l’air et de mer des Forces Françaises Libres qui ont participé au Jour J et à la bataille de Normandie sont présentées.
 
On y apprend des faits peu connus, comme la participation d’avions des FAFL à l’Opération Screen Smoke le 6 juin 1944, où des bombardiers Boston français déposèrent un écran de fumée sur la côte est du Cotentin, afin de masquer la flotte de débarquement. Pour finir on peut relire le texte superbe de Romain Gary sur les Français libres.
Pour en savoir plus :
www.france-libre.net

Télécharger un dossier pédagogique sur les Français Libres (PDF 3,4 Mo)
www.concours-resistance.org