novembre 2006 / n°37

 
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  English version
Un soldat américain raconte sa guerre au quotidien, de l'enfer d'Omaha à celui de Hurtgen, dans les rangs de la Big Red One
John F. Mickey était américain, il avait 35 ans en 1944 et vivait dans le Michigan. Il s'engagea en septembre 1943, pensant qu'il pouvait être "utile" dans cette guerre. Au moment de son engagement il n'imaginait pas ce qui l'attendait : la séparation de ceux qu'on aime, l'horreur de la guerre, et même la faim et la soif. Tout au long des combats il prit des notes, et bien des années plus tard il entreprit de rédiger une soixantaine de feuillets. John F. Mickey est décédé en 1989. Avec l'autorisation de son fils, ce sont ses mémoires qui sont retranscrites ici. C'est l'expérience d'un homme "ordinaire" qui croyait en certaines valeurs humaines, et qui les défendit, des plages de Normandie jusqu'à la forêt de Hurtgen, en Allemagne, où il fut blessé.
(Mémoires de John F. Mickey - 1944/1945) (merci à Stan)
Episode 29 - dernier épisode
Une lettre à mon fils, et à son fils

Par John F. Mickey
"N’enviez pas l’homme en uniforme, ce n’est pas sa tenue habituelle. Si vous avez pu échapper à ça pour une bonne raison, remerciez-en le Seigneur. Les vétérans des guerres se voient promettre beaucoup, mais ensuite les promesses - nous ne vous oublierons jamais - s’envolent. L’indemnité de retour était peu de chose, pour tout ce que les hommes avaient donné d’eux-mêmes dans les combats, peut-être était-ce ainsi. L’offre de l’ancienneté dans un travail ne faisait pas de vous une personne qualifié parce que vous aviez fait la guerre. Le vétéran devait tirer un trait sur la guerre pour avancer, et travailler avec acharnement pour se faire sa place ; s’apitoyer sur soi ne menait à rien.
Trop de vétérans attendaient du gouvernement une retraite auto-matique avec pension et soins médicaux. Dans les salles d’at-tente des hôpitaux pour vétérans, il y avait des centaines de jeunes gars de toutes les guerres qui attendaient qu’on les aide. Ils étaient bien plus nombreux que les anciens qui avaient besoin de soins. On pouvait voir de robus-tes jeunes hommes attendant d’être interviewés, probablement qu’ils n’avaient jamais été sur le front… mais c’étaient des vété-rans de la guerre. Ainsi, sous les gouvernements successifs, les aides furent réduites. Qui en a
 
John F. Mickey dans les années 80 (DR)
souffert le plus? Probablement les anciens de la Deuxième guerre mondiale, qui avaient besoin d’aide surtout à cause de leur âge, et de leur incapacité à produire. Il y a maintenant quarante cinq ans que la Deuxième guerre mondiale est terminée. La plupart des gens l’ont oubliée et n’accordent guère d’importance au passé. L’Histoire de l’Amérique n’intéresse pas les Américains, ni les étudiants. Aime ton prochain, pense à la paix et prie pour que cela ne se produise plus jamais. Si cela arrive encore, suis mon conseil : ne choisis pas l’infanterie, n’attends pas d’être enrôlé.
Amen."
 
 


Wehrmacht, soldats du IIIe Reich
Présenter une histoire de la Wehrmacht en 80 pages est une tâche impossible. Ce numéro du magazine 2e Guerre mondiale tente une approche du sujet.


Tout d'abord une précision, la Wehrmacht recouvrait en réalité l'ensemble des forces armées de l'Allemagne à cette époque. Elle se composait des trois armes : la Heer (armée de terre), la Luftwaffe (armée de l'air) et la Kriegsmarine (marine). Mais c'est bien l'armée de terre qui est le sujet de ce numéro, excluant les deux autres armes. L'histoire débute avec l'armée réduite du Traité de Versailles : la Reichswehr, puis l'arrivée des Nazis au pouvoir déclenche le réarmement. La petite Reichswehr se transforme rapidement (trop rapidement) en la puissante Wehrmacht. Le mythe de l'invincibilité tient jusqu'à l'hiver 1941-1942 devant Moscou.
En fin de compte un dossier qui decevra forcément l'érudit mais où le néophite trouvera satisfaction. Un plus cependant : les nombreux tableaux de production, de caractéristiques techniques, et un glossaire de deux pages !
En vente en kiosque, 84 pages
6,95 euros


Le Mag 44 de retour
! A lire sur le web.
debarquement.normandie.com/

 
Le mois prochain débutera la publication des lettres d'un parachutiste améri-cain du 502e Régiment de la 101e Division aéroportée à sa petite amie, qui devint ensuite sa femme. Ils se rencontrèrent en juin 1942, le parachutiste fut tué en Hollande en septembre 1944. C'est une histoire simple et tragique, mais chargée d'émotion par la force de leur amour et les circonstances. De cette brève relation est née une petite fille qui, bien plus tard, retrouva ces lettres et décida d'en faire un livre.