janvier 2007 / n°39

 
Vous voulez être informé de la sortie du magazine de Normandie 44 la mémoire et des mises à jour, entrez votre adresse E-mail
 
Alors que le plus grand conflit de l’histoire de l’Humanité faisait rage, Opale et Nicholas s'éprirent l’un de l’autre. Nicky suivit des entrainements à Fort Benning et Fort Bragg, puis fut cantonné « quelque part en Angleterre », il combattit en Normandie le jour-J dans les rangs du 502nd PIR de la 101st Airborne Division, puis lors de l’Opération Market Garden. Pendant tout ce temps Opale et Nicholas entretinrent une correspon-dance active, échangeant sur leur amour, leur foi, leurs espoirs…
Quand leur fille lut ces lettres, bien plus tard, elle découvrit un homme et une femme qu’elle ne connaissaient pas.
C’était l’histoire d’un homme qui avait eu faim, froid, et manqué de sommeil, un homme qui avait été prêt à mourir pour sa famille, ses amis et sa patrie. C’était l’histoire d’une femme qui avait voué son amour à un homme qui avait lui-même tout sacrifié.
 
 

 

"Je hais les mules"
27 aout 1942
Cher Nicky
J’étais très heureuse de ta lettre, et surprise en même temps. Puisque tu viens à Birmingham ce week-end je ne m’attendais pas à ce que tu m’écrives. Je suis désolée pour Butch, j’espère qu’il va se rétablir. Pauvre bête, je n'aimais pas les mules, et maintenant j’ai une raison de plus de les détester.
Tu dis que tu as une surprise pour moi, je n’aime pas trop les surprises, peut-être que celle-ci sera différente des autres.
Je suis heureuse que tu viennes, et je suis sûre que nous allons passez un agréable week-end ensemble.
Sincèrement
Opale

"J'aimerais te faire visiter New-York"
1er septembre 1942
Chère Opale,
Tu me dis que tu as été surprise de ma lettre, mais ne t’avais-je pas promis de t’écrire ? Butch est rentré à la maison, mais il a changé, si quelqu’un essaye de le taquiner, il grogne et mords. Peut-être que cela ira mieux quand il sera guéri. En rentrant samedi soir j’ai attrapé un bus spécial pour Colombus (Georgie), j’étais rendu à 1h30 du matin, pas mal n’est-ce pas ?
La première fois que je t’ai vu, mon cœur a fait un bond, et depuis mon envie de te connaître ne fait qu’augmenter. Mais je sais que je dois te plaire, et c’est ce que je m'efforce de faire. Chérie, je t'ai parlé d’Anne, une ex petite amie, je l’aimais bien mais ce ne fut qu'une histoire sans lendemain.
Je vais à New-York la semaine prochaine, j’aimerais bien que nous y allions ensemble. J’aimerais bien te faire visiter la ville, t’emmener dans un bon restaurant, et voir un spectacle sur Broadway. J’aimerais parler de toi à ma famille mais j’attendrai que tu sois sûre de toi.
Ma permission finit lundi, mais je pourrai peut-être me libérer vendredi soir, si je ne suis pas blessé dans le saut de demain. Si on ne peut pas se voir vendredi soir, on se verra samedi soir.
Je pense à toi
Nicky


A suivre dans le journal de février


 
 
   


Sainte-Mère-Eglise
5-6 juin 1944

C'est presque un classique, pourrait-on dire, ni un roman, ni un ouvrage historique, mais une simple chronique
de ces premiers jours du Débarquement dans le Cotentin à Sainte-Mère-Eglise.

Le livre d'Alexandre Renaud, maire de la petite commune de Sainte-Mère-Eglise le 6 juin 1944, fut publié très tôt dès 1945. La mémoire des évènements était encore vive, et cela se sent dans le détail, dans la description de certaines scènes. Alexandre Renaud nous transmet toute l'intensité dramatique de ces premiers jours du Débarquement, quand le succès n'était pas encore assuré, la violence des combats où furent engagés cette magnifique troupe d'élite : les parachutistes américains, les souffrances et les sacrifices consentis d'une population brusquement plongée au milieu de l'enfer. En tant que maire il eut la chance d'être en contact avec des officiers américains, et fut tenu au courant de la progression du front. Il fut informé de la contre-attaque allemande sur Carentan le 13 juin, et du projet d'évacuation de la tête de pont d'Utah Beach au cas où les Allemands auraient repris la ville. Le moment le plus émouvant, peut-être, est l'arrivée de la division Leclerc, quand le maire et quelques Américains apprirent, en discutant avec deux sous-officiers de la 2e DB, que les Français avaient payé tout leur matériel comptant...
En vente en librairie - Editions Julliard 148 pages - 19 euros


Le Mag 44 de retour
!
debarquement.normandie.com/