mars 2007 / n°41

 
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Alors que le plus grand conflit de l’histoire de l’Humanité faisait rage, Opale et Nicholas s'éprirent l’un de l’autre. Nicky suivit des entrainements à Fort Benning et Fort Bragg, puis fut cantonné « quelque part en Angleterre », il combattit en Normandie le jour-J dans les rangs du 502nd PIR de la 101st Airborne Division, puis lors de l’Opération Market Garden. Pendant tout ce temps Opale et Nicholas entretinrent une correspon-dance active, échangeant sur leur amour, leur foi, leurs espoirs…
Quand leur fille lut ces lettres, bien plus tard, elle découvrit un homme et une femme qu’elle ne connaissaient pas.
C’était l’histoire d’un homme qui avait eu faim, froid, et manqué de sommeil, un homme qui avait été prêt à mourir pour sa famille, ses amis et sa patrie. C’était l’histoire d’une femme qui avait voué son amour à un homme qui avait lui-même tout sacrifié.
 
 

 

"J'attends ta visite"
24 septembre 1942
Nicky chéri,
La nouvelle de ton départ de Fort Benning me rend triste et m’inquiète. Mais tu peux me faire confiance pour être courageuse et patriote, et garder mon sang-froid. Où que tu sois, je t’aimerai et je te serai fidèle.
J’attends ta prochaine visite.
Opale


Chère Opale,
Je suis bien arrivé à Fort Bragg après un voyage épouvantable. Le train était sale et plein de fumée, il était bondé et je n’ai même pas pu accéder aux toilettes. À mon arrivée j’étais dégoûtant. Je ne peux rien te dire sur Fayetteville, j’y suis resté trop peu de temps. Tu me manques, je t’écrirai bientôt.
Bien à toi,
Nicky

"Une fille de l'Alabama"
27 septembre 1942
Chère Opale,
Je suis triste d’être si loin de toi. Aujourd’hui le temps est gris, mais si tu étais là, mon univers serait lumineux et ensoleillé. J’ai trouvé un juke-box dans le village avec notre titre, j’ai écouté « Je pense à toi » une vingtaine de fois. La serveuse m’a pris pour un cinglé. Je lui ai dit que j’étais fou amoureux, « de qui ? » m’a t-elle demandé, j e lui ai répondu : « d’une fille de l’Alabama ! ». Elle a ri. Elle pensait peut-être que je plaisantais, elle ignorait que je connaissais une jolie fille de l’Alabama.
À bientôt chérie
Nicky



A suivre dans le journal d'avril


 
 
   


Monty's Iron Sides
La 3e Division d'infanterie britannique faisait partie du Corps expéditionnaire britannique en septembre 1939. Elle était commandée par celui qui fut, le 6 juin 1944, le commandant en chef des forces terrestres alliées, le général Bernard Montgomery.



Ce livre (en anglais) de Patrick Delaforce retrace les combats de cette unité, de la Normandie (la moitié de l'ouvrage) jusqu'en Allemagne. Un texte historique solide et enrichi de nombreux témoignages de soldats. Le plus poignant est peut-être celui d'un infirmier, Jim Wisewell de la 223rd Field Ambulance, sur les premières heures de l’offensive Charnwood, le 8 juillet 1944.
« A 4 heures du matin le barrage d’artillerie débuta… On avait l’impression que tous les canons du secteur pilonnaient Lebisey… Puis l’infanterie s’élança. Vers 5 heures, on vit arriver les premiers blessés. On réduisit les fractures, on pansa les blessures et on se relaya pour le petit-déjeuner de 6h30. Le jour commença à poindre et la chaleur monta avec les premiers rayons de soleil, le nombre de blessés augmenta. Ils arrivaient par douzaines, les trois tables du poste médical étaient occupées en permanence, une file d’attente se forma. Heure après heure nous avons soigné et évacué les blessés, mais il en arrivait toujours. Il y avait des blessures horribles, de toutes sortes et de toutes gravités. Des crânes ouverts où les os, la cervelle et les tissus formaient une bouillie ;
des visages horriblement mutilés aux mâchoires éclatées, avec des yeux qui suppliaient qu’on soulage leur douleur ; suite page 2