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" Je crois bien qu’un petit Nicky est en
route"
20 février 1943
Chéri
Maman et papa se sont installés à Irondale,
un petit village dans la banlieue de Birmingham. Je
leur ai rendu visite pendant quelques jours. Ils ont
déjà vécu ici auparavant, ils ont
des frères et sœurs qui habitent là.
Leur nouvelle maison est plus solide que la précédente.
Elle est construite en pin, avec un beau séjour,
une grande cuisine, trois grandes chambres, une salle
de bain et un porche. La maison est juste derrière
l’église baptiste, maman peut s’y
rendre en une ou deux minutes. La maison est à
un bloc de la ligne de bus, à coté du
supermarché, de la pharmacie et de la poste.
J’étais heureuse de voir maman, papa et
Dot. Tout le monde est impatient de te rencontrer. J’ai
apporté une photo de toi que j’ai montré
à tout le monde. Quand maman l’a vue elle
t’a trouvé charmant. Pendant que je discutais
avec les gens, Freddie est entré, il a grandi
et il a bonne mine. Maintenant que tout le monde est
là, nous allons faire des photos et je t’en
enverrai.
Chéri, hier soir je suis allé chez le
docteur et il a dit que j’étais enceinte
de trois mois. Qu’en penses-tu chéri ?
Je sais que nous avons convenu d’attendre la fin
de la guerre pour fonder une famille, mais je crois
bien qu’un petit Nicky est en route. S’il
est comme toi je vais l’adorer.
A toi pour toujours.
Opale
"
Cela me manque de te serrer contre moi"
26 février 1943
Opale chérie
Je suis désolé que tu ais du attendre
ma lettre si longtemps. Je ne t’ai pas écris
parce que dimanche dernier j’étais à
l’infirmerie avec 38,3° C de fièvre.
On m’a admis à l’hôpital et
je ne suis sorti qu’aujourd’hui à
midi. Robbins, un des gars de la compagnie B est passé
me voir et comme d’habitude il a fait toute la
conversation. Il parle beaucoup pour ne rien dire. Je
faisais semblant de l’écouter pendant que
je t’écrivais, je suis perdu sans toi.
Si je rentre à l’école des officiers
j’irai à Fort Benning et ce sera formidable.
Chérie, je sais que nous avions convenu de ne
pas avoir d’enfant avant la fin de la guerre,
mais je suis content que nous ayons bientôt un
bébé, on se débrouillera. Cela
me fait mal de penser que tu souffres et que tu vis
des moments difficiles alors que je ne serai pas là.
Cela me manque de te serrer contre moi, d’être
allongé près de toi, et même de
sentir tes pieds froids contre mon dos.
Ton mari
Nicky
A
suivre dans le journal de juillet-août
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