juillet-août 2007 / n°45

   
LA TENUE DE COMBAT DU FANTASSIN AMÉRICAIN EN NORMANDIE
L'uniforme : Le casque d'acier M1
Le casque d'acier M1 était composé d'un sous-casque (liner) en fibre vul-canisée muni d'une jugulaire, et d'un casque lourd en acier (pot), également muni d'une jugulaire. L'insigne de la division était peint au pochoir sur les deux casques. Le casque lourd était souvent recouvert d'un filet où pou-vaient être accrochées des morceaux de toile de jute pour le camouflage. Il pesait un peu moins d'un kilogramme,
 
et l'épaisseur de la coque d'acier était d'environ 9 mm. Le "pot" était porté frequemment sans la jugulaire pour éviter les consé-quences d'un choc violent sur le casque. Il entra en service en 1941 en remplacement du casque plat datant du premier conflit mon-dial, et fut fabriqué à 22 millions d'exemplaires pendant la Deuxiè-me guerre mondiale.
 
Le casque d'acier M1, et recouvert du filet à droite
 
L'uniforme : le blouson, la chemise et le pantalon
 
Les troupes américaines qui débar-quent sur les plages de Normandie en juin 1944 sont dotées d'un treillis traité contre les gaz, mais la tenue de combat du fantassin est le blouson de combat fieldjacket, en coton. Ce blou-son est dérivé d'un modèle civil il est standardisé en 1941. Il est impermé-able et doublé de flanelle, et ferme sur le devant avec cinq boutons de plastique. Il est muni de pattes d'épaule et de pattes de serrage au bas des manches. Il fut produit à plus de 23 millions d'exemplaires. La che-mise est en flanelle de laine brune, munie de cinq poches et d'un gousset, Des boutons de serrage et un soufflet d'étanchéité aux manches, un plastron boutonné et deux boutons derrière le col pour fixer une cagoule sont des
 
Le blouson de combat, au-dessus, la chemise
et le pantalon de laine à droite
 
modifications apportées en 1943 pour en faire une protection contre les gaz. Le pantalon droit est en laine olive drab, doublé de coton blanc,
 
il est muni de cinq poches et d'un gousset, la braguette ferme à l'aide de cinq boutons de plastique.
 
Les brodequins imperméabilisés, et les guêtres de toile
L'uniforme : les brodequins
Le fantassin américain est dotée de deux paires de chaussures mon-tantes. L'une, en cuir fauve fleur à l'extérieur, pour la caserne et la sortie, l'autre pour les ma-noeuvres et le combat. Cette se-conde paire (service shoe), illus-trée ici, est en cuir fauve retourné avec sept oeillets. La semelle et le talon sont en caoutchouc noir; une plaque de métal entre les deux semelles soutient le pied. Les brodequins devaient être impéra-tivement imperméabilisés avec une graisse spéciale (impregnite shoe). Le pantalon de laine est inséré dans les guêtres (canvas leggins) en toile forte, modèle 1938 pour
 
   
 

troupe à pied. Elles sont serrées par un lacet et huit crochets de métal, un sous-pied la rend solidaire du brodequin. Bien fixé, l'ensemble était théoriquement
 

étanche contre l'eau et la
boue. Mais l'inconvénient majeur des guêtres était le temps nécessaire à leur mise en place.
 
L'armement : le fusil M1 Garand
Le fusil M1 Garand, calibre 30 (7.62 mm), est le premier fusil automa-tique utilisé comme arme de guerre. Il fut mis au point par John C. Ga-rand, et adopté en 1936. Il fonc-tionnait grace à l'action des gaz. Son coût de fabrication était rela-tivement élevé, ainsi que son poids (4.3 kg), mais le fusil M1 était robuste et fiable. Il pouvait tirer huit cartouches sur une lame chargeur. Un autre inconvénient de cette arme consistait dans le bruit spécifique émis par l'éjection de la lame char-geur hors de la culasse, au moment
 
  Le fusil M1 Garand, calibre 30 avec sa baionnette et le clip de huit cartouches  
où la dernière balle était tirée. Le fantassin pouvait porter une dizaine de chargeurs dans le ceinturon cartou-chière. Avec l'entrée en guerre des Américains, les besoins en fusils augmentèrent, le nombre de M1 sortant des chaînes de fabrication étant
insuffisant la production du Springfield modèle 1903 fut relancée. A la fin de la guerre, la production du M1 atteignait envi-ron 5 550 000 exemplaires. La baionnette M1 était portée au ceinturon dans un fourreau en plastique.
 
L'armement : les grenades et le masque à gaz
Le fantassin américain était muni de la grenade défensive à main MKII A1 - pineapple - (ananas), peinte à l'origine en jaune qui était le code couleur pour High Explosive; elle fut ensuite peinte en vert avec une mince bande jaune au col; elle pouvait également être projetée avec le fusil équipé d'un lance grenade. La grenade fumigène M16 était plus rare dans le paquetage, elle dégageait un nuage de fumée colorée de signalisation (rouge pour le modèle représenté).
La crainte d'une attaque allemande à l'aide des gaz était réelle dans le Haut commandement allié.
 
Le GI était doté d'un équipement spécial : brassard de détection, cape, lunettes et surtout le masque à gaz en caoutchouc M4 avec son filtre cylin-drique M10 A1. L'ensemble était con-tenu dans la musette de transport M6.
 
grenade défensive à main, grenade fumigène et masque à gaz


L'équipement : le havresac et le ceinturon
L'équipement individuel du fantassin américain était réparti principalement dans le havresac M1928 en coton kaki avec brelage, qui soutenait le ceinturon cartouchière M1923. Dans le havresac, le soldat transportait la gamelle et ses couverts (en haut à gauche), des chaussettes et des mouchoirs de rechange, un couteau, un manteau de pluie, une trousse de toilette (en haut à droite), de l'insecticide, de l'alcool solidifié et des pastilles Halazone (en bas à gauche). Sur le sac était fixée la pelle droite M1910. Au ceinturon étaient suspendues dix pochettes contenant chacune un clip de huit cartouches pour le fusil M1 Garand, ainsi que la baîonnette, le bidon M1910, une pochette de panse-ments, et le coupe-fil M1938 (en bas à droite).
 
 
Le havresac et ses accessoires, un chef-d'oeuvre de fonctionnalité
 
L'équipement : Les rations de campagne
Le GI en campagne consommait essen-tiellement trois types de rations : K, C et Ten in one. La ration K (du nom de son concepteur Ancel Keys) était composée des trois repas jour-naliers : breakfast, dinner, supper (petit déjeuner, déjeuner et sou-per), pour un poids de 2,4 kg. Chaque repas était emballé dans un carton parafiné et étanche; les menus étaient équilibrés. Pour le petit déjeuner : une boîte de viande, une pâte de fruit et du café en poudre; pour le déjeuner : une boîte de fromage , des tablettes vitaminées et du jus de citron en poudre; pour le souper : une boîte de pâté, une barre de chocolat et un bouillon concentrée. En plus, dans chaque carton : du sucre, des cigarettes, un chewing-gum, deux paquets de biscuits et une clé pour ouvrir les conserves. La ration K était accompagnée de la ration C, cette dernière était composée de six boîtes de conserves.
 
Trois contenaient des repas variés vian-des/légumes; les trois autres conte-naient biscuits, café, bouillon et jus de citron en poudre, sucre et bonbons. La ration Ten in one, contenue dans une boîte en carton ou en bois, était destinée à dix hommes. Elle compre-nait deux cartons marqués first half of 5 rations, et deux marqués second half of 5 rations. Elles permettaient de varier les menus : fruits au sirop, bacon, porridge, plats cuisinés, cigarettes...
 
Le GI améliorait parfois son ordinaire avec une boîte de soupe auto-chauffante Heinz britannique (au centre). La ration de survie D (à gauche) était utilisée dans les situations d'urgence, elle contenait trois barres riches en calories. Le réchaud de campagne - Stove M1941 - (à droite) fut utilisé pendant toute la guerre; avec sa boîte de transport il pesait 1.7 kg, il fonctionnait au gaz d'essence et possédait une autonomie de deux heures.
 
Les rations du GI : des menus équilibrés, de la soupe britannique, et un petit réchaud très pratique