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La photo du mois

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Après la dislocation du front allemand à la suite de l’opération Cobra, en juillet 1944, la vitesse de progression des armées américaines subit une accélération. Les planificateurs du Transportation Corps furent confrontés à un sérieux problème logistique : les troupes avaient besoin quotidiennement de milliers de tonnes de rations, de munitions, de matériels et de carburant. La voie aérienne n’était pas adaptée à cette échelle, le réseau ferré français était détruit, le transport par route fut décidé. Le Red Ball Express fut opérationnel à partir du 25 août, c’était un itinéraire à sens unique, de Saint-Lô au sud de Paris, avec une route nord pour l’aller et une route sud pour le retour. Le trafic était ininterrompu de jour comme de nuit ; ici, on peut voir une file de camions citernes effectuant la pause obligatoire, sous la surveillance d’un MP. Quelques jours après le lancement du Red Ball Express, une flotte de 6 000 véhicules était en capacité de livrer chaque jour 12 300 tonnes d’approvisionnement. (photo : National Archives USA – image P013444 – www.flickr.com)

Ne pas oublier les sacrifices et les souffrances

« Il y avait des blessures horribles, de toutes sortes et de toutes gravités. Des crânes ouverts où, os, cervelle et tissus formaient une bouillie, des visages horriblement mutilés aux mâchoires brisées, avec des yeux suppliant qu’on soulage leur douleur, des poitrines percées par les éclats, le sang giclant par saccades, des bras en charpie pendant au corps par un muscle, attendant le coup de scalpel de l’amputation, des abdomens ouverts, d’où s’échappaient les intestins, promesse d’une mort assurée, des postérieurs sanglants, avec des lésions de la colonne vertébrale entraînant des paralysies. Et les blessures aux jambes ! Les os des cuisses en morceaux, les rotules des genoux broyées, des pieds sectionnés, le rouge écarlate, les débris de chair et le sang inondant les brancards ». Souvenirs de Jim Wisewell, infirmier au 223rd Field Ambulance, sur les premières heures de l’offensive Charnwood, le 8 juillet 1944. (traduction de l’auteur. Extrait de « Monty’s Iron Sides » de Patrick Delaforce, Sutton Publishing 1995).

L’Espace historique de la Bataille de Normandie

La terre a depuis longtemps englouti toutes les traces de ces terribles combats. Aujourd’hui, il suffit de prendre son bâton de pèlerin pour découvrir cette mémoire vivante : outre la quarantaine de musées et mémoriaux, ainsi que les 28 cimetières militaires, plusieurs centaines de monuments, plaques et stèles parsèment villes et bourgs, bordent routes et chemins de campagne. Ils nous racontent une histoire, celles des soldats qui combattirent et tombèrent pour libérer cette terre normande. Car plus de 97 000 combattants reposent dans les cimetières de Basse Normandie : soldats américains, britanniques, canadiens, français, polonais… et allemands. Les zones côtières sont encore ponctuées d’édifices de béton, vestiges du Mur de l’Atlantique. Les quatre années d’occupation, de 1940 à 1944, et plus encore les deux mois et demi de combats pendant la Bataille de Normandie, ont laissé pour longtemps leur empreinte dans l’âme de la région. L’association Normandie Mémoire (créée en 2002, elle fut en charge de l’organisation du 60e anniversaire) a mis en place huit itinéraires sur les trois départements de Basse-Normandie ; ils vous font parcourir, sur le terrain, les principales phases de la bataille.

Philippe Corvé Webmaster de www.normandie44lamemoire.com Pour tout renseignement sur le site, posez votre question via la page contact.