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La photo du mois

accueil-06-2024

Le Brigadier General Don F. Pratt avait été nommé Deputy Commander de la 101st US Airborne Division en août 1942. Le lundi 5 juin 1944, peu avant minuit, il embarquait à bord de son planeur Waco CG4-A surnommé The Fighting Falcon. Il faisait partie de la mission Chicago, qui apportait du matériel, des canons, des jeeps et treize tonnes d’équipement. Remorqués par les Douglas C-47 Skytrain, les planeurs décollèrent ; le Lieutenant Colonel Mike Murphy pilotait celui du General Pratt. Les engins arrivèrent en vue de la Landing Zone E près de Hiesville. Mais le Waco surchargé glissa sur l’herbe humide à une vitesse excessive et percuta violemment un bosquet d’arbres. Le Brigadier General Pratt, qui était assis à l’avant d’une jeep, eut la nuque brisée, son aide de camp, le Lieutenant Butler, fut également tué sur le coup ; le Lieutenant Colonel Murphy eut les deux jambes fracturées, son copilote était mort. Le Brigadier General Pratt fut le premier officier général des Forces alliées qui tomba pour la libération de la France. (photo : National Archives USA – image P000793 – www.flickr.com)

Ne pas oublier les sacrifices et les souffrances

« Il y avait des blessures horribles, de toutes sortes et de toutes gravités. Des crânes ouverts où, os, cervelle et tissus formaient une bouillie, des visages horriblement mutilés aux mâchoires brisées, avec des yeux suppliant qu’on soulage leur douleur, des poitrines percées par les éclats, le sang giclant par saccades, des bras en charpie pendant au corps par un muscle, attendant le coup de scalpel de l’amputation, des abdomens ouverts, d’où s’échappaient les intestins, promesse d’une mort assurée, des postérieurs sanglants, avec des lésions de la colonne vertébrale entraînant des paralysies. Et les blessures aux jambes ! Les os des cuisses en morceaux, les rotules des genoux broyées, des pieds sectionnés, le rouge écarlate, les débris de chair et le sang inondant les brancards ». Souvenirs de Jim Wisewell, infirmier au 223rd Field Ambulance, sur les premières heures de l’offensive Charnwood, le 8 juillet 1944. (traduction de l’auteur. Extrait de « Monty’s Iron Sides » de Patrick Delaforce, Sutton Publishing 1995).

L’Espace historique de la Bataille de Normandie

La terre a depuis longtemps englouti toutes les traces de ces terribles combats. Aujourd’hui, il suffit de prendre son bâton de pèlerin pour découvrir cette mémoire vivante : outre la quarantaine de musées et mémoriaux, ainsi que les 28 cimetières militaires, plusieurs centaines de monuments, plaques et stèles parsèment villes et bourgs, bordent routes et chemins de campagne. Ils nous racontent une histoire, celles des soldats qui combattirent et tombèrent pour libérer cette terre normande. Car plus de 97 000 combattants reposent dans les cimetières de Basse Normandie : soldats américains, britanniques, canadiens, français, polonais… et allemands. Les zones côtières sont encore ponctuées d’édifices de béton, vestiges du Mur de l’Atlantique. Les quatre années d’occupation, de 1940 à 1944, et plus encore les deux mois et demi de combats pendant la Bataille de Normandie, ont laissé pour longtemps leur empreinte dans l’âme de la région. L’association Normandie Mémoire (créée en 2002, elle fut en charge de l’organisation du 60e anniversaire) a mis en place huit itinéraires sur les trois départements de Basse-Normandie ; ils vous font parcourir, sur le terrain, les principales phases de la bataille.

Philippe Corvé Webmaster de www.normandie44lamemoire.com Pour tout renseignement sur le site, posez votre question via la page contact.