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La photo du mois

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Cette photo a été abondamment utilisée dans les médias de l’époque. Grâce à l’arrière petit-fils de ce couple, nous pouvons apporter des éléments inédits. M. Adjutor Lecanu et son épouse Marie se recueillent sur la dépouille d’un soldat américain. M. Lecanu tient un bouquet de fleurs à la main gauche et il se signe. La scène se passe durant les combats, entre le 9 et le 13 juin, sur la route d’Isigny à Saint-Hilaire-Petitville, commune limitrophe à l’est de Carentan. M. Lecanu était boucher-maquignon à Carentan. Selon leur arrière petit fils : « Ce n’est pas une mise en scène, ils se sont recueillis de façon spontanée. Mon arrière grand-père était un ancien combattant de la Grande Guerre, je pense que c’est un hommage aux combattants car il a été très éprouvé par sa propre expérience ». La censure a recadré la photo en effaçant le caméraman (debout à droite avec sa caméra à la main) afin de renforcer l’aspect émotionnel et effacer l’impression de mise en scène, ou même de propagande. (Source : PhotosNormandie P000713 – www.flickr.com)

Ne pas oublier les sacrifices et les souffrances

« Il y avait des blessures horribles, de toutes sortes et de toutes gravités. Des crânes ouverts où, os, cervelle et tissus formaient une bouillie, des visages horriblement mutilés aux mâchoires brisées, avec des yeux suppliant qu’on soulage leur douleur, des poitrines percées par les éclats, le sang giclant par saccades, des bras en charpie pendant au corps par un muscle, attendant le coup de scalpel de l’amputation, des abdomens ouverts, d’où s’échappaient les intestins, promesse d’une mort assurée, des postérieurs sanglants, avec des lésions de la colonne vertébrale entraînant des paralysies. Et les blessures aux jambes ! Les os des cuisses en morceaux, les rotules des genoux broyées, des pieds sectionnés, le rouge écarlate, les débris de chair et le sang inondant les brancards ». Souvenirs de Jim Wisewell, infirmier au 223rd Field Ambulance, sur les premières heures de l’offensive Charnwood, le 8 juillet 1944. (traduction de l’auteur. Extrait de « Monty’s Iron Sides » de Patrick Delaforce, Sutton Publishing 1995).

L’Espace historique de la Bataille de Normandie

La terre a depuis longtemps englouti toutes les traces de ces terribles combats. Aujourd’hui, il suffit de prendre son bâton de pèlerin pour découvrir cette mémoire vivante : outre la quarantaine de musées et mémoriaux, ainsi que les 28 cimetières militaires, plusieurs centaines de monuments, plaques et stèles parsèment villes et bourgs, bordent routes et chemins de campagne. Ils nous racontent une histoire, celles des soldats qui combattirent et tombèrent pour libérer cette terre normande. Car plus de 97 000 combattants reposent dans les cimetières de Basse Normandie : soldats américains, britanniques, canadiens, français, polonais… et allemands. Les zones côtières sont encore ponctuées d’édifices de béton, vestiges du Mur de l’Atlantique. Les quatre années d’occupation, de 1940 à 1944, et plus encore les deux mois et demi de combats pendant la Bataille de Normandie, ont laissé pour longtemps leur empreinte dans l’âme de la région. Parmi les acteurs majeurs de la pérennisation du souvenir des évènements du Débarquement et de la bataille de Normandie, il faut citer l’association Normandie Mémoire. Créée en 2002, à l’initiative du conseil régional de Basse-Normandie, sa première mission fut l’organisation, en 2004, du 60e anniversaire du Débarquement. L’association a mis en place 8 itinéraires sur les trois départements de Basse-Normandie qui vous font parcourir, sur le terrain, les principales phases de la bataille. «Réduite dans ses missions, l’association est à présent en sommeil.»

Philippe Corvé Webmaster de www.normandie44lamemoire.com Pour tout renseignement sur le site, posez votre question via la page contact.