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La photo du mois

Après l’Operation Cobra, les troupes américaines ont «reconverti» des soviétiques qui appartenaient à des bataillons de la Brigade Bounyatchenko ou à des bataillons de travail, en «travailleurs libres». Nous voyons ici une photo prise près de Coutances le 8 août 1944 : séance récréative le soir après le travail. Il s’agit en fait d’une photo de propagande, tous ces prisonniers furent livrés à l’Union Soviétique, selon les accords signés entre les Alliés occidentaux et orientaux.
Comme le note l’historien Jürgen Thorwald (L’illusion, Albin Michel Ed. 1975) : «Pour éviter des troubles dans les camps, les autorités américaines affirmèrent à plusieurs reprises que la remise des prisonniers à l’Union soviétique n’était aucunement prévue. Nombreux furent ceux qui s’accrochèrent à ces promesses. (..) Leur tour vint quelques mois plus tard. (..) Il y avait encore à la fin de la guerre 700 000 citoyens soviétiques portant l’uniforme allemand, d’après les registres du commandement suprême de la Wehrmacht. Aucun document ne permet de connaître le petit nombre de ceux qui ont échappé aux Soviets, et l’histoire demeurera muette à ce sujet ». Les officiers seront exécutés, la troupe finira dans le Goulag. Beaucoup de ces prisonniers préférèrent le suicide au moment de leur livraison. (Sources : commentaire : Cobra, la bataille décisive de Georges Bernage et Georges Cadel, ed. Heimdal, photo : PhotosNormandie P011788 – www.flickr.com)

Ne pas oublier les sacrifices et les souffrances

« Il y avait des blessures horribles, de toutes sortes et de toutes gravités. Des crânes ouverts où, os, cervelle et tissus formaient une bouillie, des visages horriblement mutilés aux mâchoires brisées, avec des yeux suppliant qu’on soulage leur douleur, des poitrines percées par les éclats, le sang giclant par saccades, des bras en charpie pendant au corps par un muscle, attendant le coup de scalpel de l’amputation, des abdomens ouverts, d’où s’échappaient les intestins, promesse d’une mort assurée, des postérieurs sanglants, avec des lésions de la colonne vertébrale entraînant des paralysies. Et les blessures aux jambes ! Les os des cuisses en morceaux, les rotules des genoux broyées, des pieds sectionnés, le rouge écarlate, les débris de chair et le sang inondant les brancards ». Souvenirs de Jim Wisewell, infirmier au 223rd Field Ambulance, sur les premières heures de l’offensive Charnwood, le 8 juillet 1944. (traduction de l’auteur. Extrait de « Monty’s Iron Sides » de Patrick Delaforce, Sutton Publishing 1995).

L’Espace historique de la Bataille de Normandie

La terre a depuis longtemps englouti toutes les traces de ces terribles combats. Aujourd’hui, il suffit de prendre son bâton de pèlerin pour découvrir cette mémoire vivante : outre la quarantaine de musées et mémoriaux, ainsi que les 28 cimetières militaires, plusieurs centaines de monuments, plaques et stèles parsèment villes et bourgs, bordent routes et chemins de campagne. Ils nous racontent une histoire, celles des soldats qui combattirent et tombèrent pour libérer cette terre normande. Car plus de 97 000 combattants reposent dans les cimetières de Basse Normandie : soldats américains, britanniques, canadiens, français, polonais… et allemands. Les zones côtières sont encore ponctuées d’édifices de béton, vestiges du Mur de l’Atlantique. Les quatre années d’occupation, de 1940 à 1944, et plus encore les deux mois et demi de combats pendant la Bataille de Normandie, ont laissé pour longtemps leur empreinte dans l’âme de la région. Parmi les acteurs majeurs de la pérennisation du souvenir des évènements du Débarquement et de la bataille de Normandie, il faut citer l’association Normandie Mémoire. Créée en 2002, à l’initiative du conseil régional de Basse-Normandie, sa première mission fut l’organisation, en 2004, du 60e anniversaire du Débarquement. L’association a mis en place 8 itinéraires sur les trois départements de Basse-Normandie qui vous font parcourir, sur le terrain, les principales phases de la bataille. «Réduite dans ses missions, l’association est à présent en sommeil.»

Philippe Corvé Webmaster de www.normandie44lamemoire.com Pour tout renseignement sur le site, posez votre question via la page contact.